Arthur Kopel

Vorona I Galka
La Corneille et le choucas

2008

Un étrange sommeil s'empara des deux hommes pendant qu'il continuait à leur parler. «  La Miséricorde de Dieu fait que vous ne serez pas puni. Je suis simplement venu pour rendre illisible la trace d'infamie que vous portez. Désormais l'un de vous vivra au cœur des villes et des champs, se nourrissant des restes des hommes. Quant à l'autre, les tours et les clochers seront son domaine. De là, vous me rendrez compte de la vie des hommes. »


À l'aube, le hurlement d'un loup les fit sursauter, on eut dit qu'il était à quelques mètres. Ils s'aperçurent que l'homme avait disparu, que le feu n'avait laissé aucune trace, que la neige recouvrait les paysages, et que les empreintes d'un loup formaient un cercle autour d'eux. Un homme qui passait par là eut à peine le temps de voir s'envoler une corneille mantelée et un choucas.


Les deux moines se rapprochèrent de leur maigre feu. Le hurlement d'un loup venait de se faire entendre au moment où, accrochée à la porte, ils venaient d'apercevoir une pelisse d'un gris bleuté. D'un bond ils furent dehors et reprirent leur route. La tempête leur parut plus sûre que la forêt.




Texte accompagnant Les Arbres bleus, publié dans ArtKopel – la collection, n°1, Arthur Kopel, p.94, éditions ArtKopel, 2008 >> voir sur artkopel.com

















 

 

 

 

 

 

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